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Coralie Ruiz from Amsterdam // SOS AMITIÉ WORLDWIDE

Extrait de l’émission SUICIDEFM #5

Coralie Ruiz nous parle de sa vie à Amsterdam en tant de COVID.

Coralie

SOS AMITIÉ: NOTRE TOUR DU MONDE DE LA PANDÉMIE

SUICIDEFM #5

Transcription automatique par transcriptive.com

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Ricordi, comment veux tu? Corelli?

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Ça va bien. Xavier Merci.

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Merci à toi parce qu’on n’a pas les yeux sur les webcams. Qui? Qui nous montre à Amsterdam comment ça se passe, comment ça s’est passé cette année?

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Ouais, ça fait un an. C’est célébrer cet anniversaire un peu bizarre. Je pense que ça s’est passé assez différemment de ce qui a pu être vécu en France, Amsterdam, les Pays-Bas en général. C’est un pays où le collectif est très fort. L’entraide fonctionne et il y a une espèce de respect chevillé au corps de la liberté de chacun et de l’être ensemble.

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Comment Kovy est arrivé? C’est arrivé par le Sud, par vagues. On croyait pas. Et puis on fait comme partout. D’un coup, c’était là et d’un coup, tout a fermé. Donc, les crèches, les écoles, les commerces, la culture, tout s’est arrêté. Je me souviens de ce grand vide dans cette ville qui est d’ordinaire frémissante, remplie de touristes remplis de vélos. Et le grand silence. Ambiance de western. Se balader dans le Quartier rouge, où toutes les tous les coffee shop, toutes les toutes les vitrines étaient vides. C’est une ville qui, finalement. Les voisins, les voisinages se sont réapproprié cette ville vidée de tous ses touristes avec un sentiment mélangé de grande liberté. De ce vide où tout s’arrête tout d’un coup, on a l’espace de se poser deux secondes. Dire quoi? Et puis, d’un autre côté, un petit malaise.

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Et là, je pense qu’on est apparemment quand même largement dans le côté du malaise. Vous avez dû voir par le biais des journaux d’information.

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A ma taille, les manifestations, les batailles, les gens qui en ont marre, les gens qui dit jeunes qui se retrouvent dans les parcs pour des concerts, qui ont envie de se frotter et qui ont envie d’être ensemble, qui ont envie de savoir, qui ont dit voilà. Et on est toujours dans une situation couvre feu à 21 heures. La culture étant depuis un an, j’ai un cinéma à côté de chez moi qui se retrouve à vendre du café et à brader des affiches. Il y a un petit fond de tristesse. Quelle tristesse! Voilà où on en a marre. On a envie de respirer. On a envie de s’en sortir. Et malgré tout, je pense globalement un bon équilibre entre préserver cette liberté. On peut tous toujours circuler. On n’a jamais eu de papiers, on n’a jamais eu de radius. Tu dois respecter. On peut toujours circuler, mais il y a une des choses qui nous manque. Des choses essentielles. Le contact humain, la culture, la fête et Amsterdam est vidée de ça en ce moment et c’est assez bizarre. C’est un peu comme un DJ sans disque. Ça en disait 110 que c’est un dancefloor vide. Tu sais, à la fin de la soirée où il y a ce petit fond d’odeur où tu es, tu sais qu’il s’est passé quelque chose. Tu sais qu’il y a le potentiel d’une grande, d’une grande joie et d’un grand être ensemble. C’est tout. Toutes les tous les ingrédients

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sont là, mais c’est vide et ça se sent. Ça sent la Spicer. C’est pas ça, Cérences. Qu’est ce qui te manque le plus, toi, alors, de tout ça? Moi, ce qui me manque le plus, c’est cela l’énergie qui vibre autour de moi. Je suis privilégié dans le sens où j’ai des enfants petits et mon monde s’est rétréci mécaniquement autour d’eux et avec eux, et ils ont toujours la possibilité de vivre une vie plutôt normale. Et moi, ça me ramène à ces choses simples de la famille, des petites balades dans le quartier. Ce qui manque, c’est pouvoir aller au cinéma à côté de chez moi et voir voir un film dans une salle obscure avec un monde que je connais pas. Ce qui me manque, c’est le quartier étudiant, tout autour de là où j’habite, de voir les gens étudiants qui se baladent, qui vont en cours, qui c’est juste la vibration de la ville qui s’est éteinte et qui maintenant me manque beaucoup. Première chose que tu vas faire au moment de la libération, ce n’est pas quand ça arrivera exactement. On ne sait même pas si ça arrivera d’un coup non plus. Kabi soulevé ce souci Qu’est ce que tu vas faire en premier? Une grosse. T’as une grosse taf. Festival le premier que je peux trouver ou en concert? Retrouver le dancefloor et aller. Allez sauter et partager, être ensemble et serrer des gens dans mes bras autour de toi, ça déprime un

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max. Comment ça se passe? Ça déprime pas un max, mais il y a de l’usure, quoi. Il y a de l’usure dans le sens où on se manque. C’est cette chanson de Daft Punk tâchent qui tourne en boucle dans la tête Tacheny de Sum Ballesta. On a besoin de se toucher, on a besoin d’être de ce contact là. Et puis, tout ce qu’on fait, tout ce qu’on peut faire, remplaces, passe, se serrer dans les bras en classe. Pas pouvoir sentir l’énergie qui passe d’un corps à l’autre. Et ce n’est pas de la déprime, mais c’est aussi un gros manque d’eau pour faire le point. Les coffee shop sont fermés. Le quartier rouge est fermé en ce moment. C’est vraiment pas le moment de venir à Amsterdam. Si c’est le moment de venir à Amsterdam? Oui, c’est ça. Si je me balade en bateau via le canal, c’est joli quand? Il y a des balades en bateau que tu peux faire et les cofi shop de quartier. Donc ceux qui ne sont pas des coffee shop touristiques sont considérés comme sensibles, bien évidemment à tout va mieux. Donc, qu’est ce que tu dis à tes amis qui t’appelle en disant roller folk? Camille, Camille, Coralie, love develop. Si, au bout du rouleau, qu’est ce que tu leur dis? Je leur dis merci de partager, ça existe pour toi. Maintenant, t’es au bout du rouleau, donc fais la galipette, retourne toi et saute et va chercher ailleurs.

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Citiez, merci beaucoup. Coralie, tu voulais Kaabi, tu voulais rajouter quelque chose, non? Je voulais ajouter Est ce que tu disais c’est assez assez vrai. En fait, cette technique de revenir un peu enfant, en fait. Je me rappelle de mon prof de clown qui disait à tous les jours il faut mettre les fesses au dessus de la tête sans une pirouette. L’homme droit, une galipette juste. Cet acte, qui en fait très enfantin, est très simple, permet de se ramener quelque chose de simple et de l’ordre du jeu qui en fait tourde le sourire directement. Donc, c’est ça ce que tu as dit à pas mal raisonner avec moi, d’observer les enfants et de voir comment continuer à jouer malgré tout. Et c’est peut être ça qu’on devrait continuer à faire. Belle idée, merci Coralie. Bonne fin de journée où tout va bien se passer. Suicide FM.

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