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L’IA AU SERVICE DE LA CRÉATIVITÉ HUMAINE, LES ANGLAIS METTENT LA PRESSION.

Une vision culturelle de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle est souvent racontée comme une guerre.

Une guerre contre les artistes.

Une guerre contre les auteurs.

Une guerre contre les musiciens, les photographes, les réalisateurs ou les graphistes.

Depuis trois ans, les discours oscillent entre fascination technologique et catastrophe annoncée. D’un côté, les prophètes de l’automatisation totale. De l’autre, les défenseurs d’un monde créatif qui se sentirait menacé.

Pendant ce temps, le Royaume-Uni vient de publier un document étonnamment pragmatique : AI Adoption Plan: Creative Industries.

Derrière ce titre administratif se cache une vision beaucoup plus profonde. Une vision qui considère l’intelligence artificielle comme une opportunité de renforcer la créativité humaine, les savoir-faire et la capacité d’invention des individus.

Le document résume cette philosophie en deux mots :

AUGMENTATION FIRST


L’HISTOIRE DES OUTILS EST L’HISTOIRE DE LA CRÉATION

Depuis toujours, les créateurs travaillent avec des outils.

Le pinceau augmente la main.

La caméra augmente l’œil.

Le microphone augmente la voix.

Le synthétiseur augmente l’oreille.

Le montage augmente la mémoire.

L’intelligence artificielle s’inscrit peut-être dans cette longue histoire des extensions humaines.

La question devient alors moins technologique que culturelle.

Que souhaitons-nous augmenter ?

La vitesse ?

La rentabilité ?

La quantité ?

Ou la capacité à imaginer, expérimenter et créer ?

Le rapport britannique semble avoir choisi son camp.


UNE RÉVOLUTION DÉJÀ EN COURS

Plus de la moitié des entreprises créatives britanniques utilisent aujourd’hui des outils d’intelligence artificielle.

Le phénomène concerne désormais bien davantage que les laboratoires ou les grandes plateformes technologiques.

Les usages se multiplient dans la traduction, la recherche documentaire, la préproduction, la postproduction, la planification ou certaines tâches particulièrement répétitives.

Le cinéma, le design, le jeu vidéo, la photographie, la musique et les médias explorent chacun leurs propres trajectoires.

Cette réalité correspond à ce que beaucoup de créateurs observent déjà sur le terrain.

L’intelligence artificielle agit souvent comme une couche supplémentaire de possibilités.

Une nouvelle palette.

Un nouvel instrument.

Un nouvel espace d’exploration.


L’ÉMERGENCE DE L’ARTISAN AUGMENTÉ

Un réalisateur peut produire un storyboard complet en quelques heures.

Un graphiste peut explorer cinquante directions visuelles avant le déjeuner.

Un musicien peut tester plusieurs arrangements au cours d’une même soirée.

Un auteur peut dialoguer avec ses propres idées sous des formes inédites.

Une nouvelle conversation apparaît entre l’humain et ses outils.

Cette évolution touche particulièrement les indépendants.

Pendant longtemps, certaines ambitions créatives nécessitaient une armée de techniciens, des budgets considérables ou des infrastructures industrielles.

Aujourd’hui, un créateur équipé d’un ordinateur portable, d’une connexion internet et d’une solide culture visuelle accède à des capacités autrefois réservées aux grandes structures.

Nous assistons peut-être à la naissance d’une nouvelle génération d’artisans augmentés.

Des créateurs capables de naviguer entre écriture, image, son, vidéo, programmation et intelligence artificielle.

Des profils hybrides.

Des mutants culturels.

Des producteurs de sens.


UNE QUESTION DE CONFIANCE

Cette transformation soulève naturellement de nombreuses questions.

  • Le droit d’auteur.
  • La rémunération des créateurs.
  • La traçabilité des œuvres.
  • La protection des visages.
  • La protection des voix.
  • La reconnaissance du travail humain.

Le rapport britannique accorde une place importante à ces enjeux.

Il propose des cadres, des formations, des outils et des espaces de dialogue afin que la confiance progresse au même rythme que les technologies.

Cette approche mérite d’être soulignée.

Car une technologie puissante sans confiance produit de la méfiance.

Une technologie puissante accompagnée de règles claires produit de l’innovation.


LE VÉRITABLE ENJEU

Au fond, l’enjeu dépasse largement l’intelligence artificielle.

Nous parlons en réalité de notre rapport à la création.

Nous parlons de notre capacité à construire une culture où les outils élargissent le champ des possibles.

Une culture où la technologie donne davantage de temps à la pensée, à la poésie, à l’expérimentation et à la rencontre.

Une culture où l’humain reste la source du désir, de l’intuition et du récit.

L’histoire des industries créatives montre que les révolutions les plus fécondes apparaissent lorsque les artistes s’approprient les technologies plutôt que lorsque les technologies tentent de définir l’art.


UNE DIRECTION INTÉRESSANTE

Le Royaume-Uni propose aujourd’hui une direction claire.

L’intelligence artificielle comme accélérateur de créativité.

Comme multiplicateur de capacités.

Comme partenaire de production.

Comme nouvel instrument.

Une vision qui résonne fortement avec notre époque.

Une époque où les outils deviennent de plus en plus puissants.

Une époque où l’imagination reste notre ressource la plus précieuse.


Source officielle

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gov.uk
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Xavier Faltot

Xavier Faltot est producteur multimédia, installé à Berlin. Depuis plus de vingt ans, il traverse la radio, l'image et le web avec une approche de média mutant : il a débuté aux côtés de l'artiste Shu Lea Cheang, fondé la webradio parisienne Radiomarais et animé pendant une quinzaine d'années des lieux culturels comme la Station et le Consulat, en mêlant art, technologie, cinéma et poésie. Pionnier des usages créatifs du web, il fabrique aujourd'hui avec l'intelligence artificielle des images, des voix et des instruments sur mesure, comme TEXT OPERATOR et La Carte des fuites, conçus pour écrire Maison Fluid, son traité de parentalité fluide à paraître le 25 juillet 2027. ////// Xavier Faltot is a multimedia producer based in Berlin. For more than twenty years he has moved through radio, image and the web as a media mutant: he started out alongside artist Shu Lea Cheang, founded the Parisian web radio Radiomarais and spent some fifteen years running cultural venues such as la Station and le Consulat, blending art, technology, cinema and poetry. A pioneer of creative uses of the web, he now builds images, voices and custom instruments with artificial intelligence, such as TEXT OPERATOR and La Carte des fuites, designed to write Maison Fluid, his treatise on fluid parenting, out on 25 July 2027.
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