L’OPEN SOURCE VA ENFIN CHANGER LE MONDE
Internet nous a donné accès à l’information, l’open source nous a donné accès au code et l’intelligence artificielle nous donne aujourd’hui la possibilité de transformer ce code pour fabriquer exactement les outils dont nous avons besoin.
Pendant plus de trente ans, l’open source a porté l’une des promesses les plus importantes de l’histoire informatique : permettre à chacun d’accéder aux technologies, de comprendre leur fonctionnement, de les modifier, de les améliorer puis de partager à nouveau le résultat avec le reste du monde. Linux, Blender, VLC, WordPress, Firefox, FFmpeg et des centaines de milliers d’autres projets ont progressivement constitué une immense infrastructure commune sur laquelle repose aujourd’hui une partie considérable de notre environnement numérique. L’intelligence artificielle élargit aujourd’hui radicalement le nombre de personnes capables d’entrer dans cette immense bibliothèque et d’en utiliser les ressources.
INTERNET AVAIT PRÉPARÉ LE TERRAIN
L’une des grandes promesses d’Internet consistait à distribuer les moyens de production et à donner à chaque individu équipé d’un ordinateur et d’une connexion la possibilité de publier, communiquer, créer et construire. Cette promesse s’est largement réalisée dans le domaine de l’information puisque chacun peut aujourd’hui produire un texte, une vidéo, une émission, un site ou une œuvre et la diffuser instantanément à l’échelle mondiale. Dans le même temps, le logiciel est progressivement devenu un produit standardisé distribué sous forme de services, de plateformes et d’abonnements, avec des interfaces identiques pour des millions d’utilisateurs dont les besoins peuvent pourtant être extrêmement différents.
Pendant ce temps, une quantité vertigineuse de code s’est accumulée sur GitHub, GitLab, Codeberg et d’autres plateformes collaboratives. Des développeurs du monde entier y publient des bibliothèques, des applications complètes, des prototypes, des moteurs, des interfaces, des scripts, des systèmes de reconnaissance d’image, des outils audio, des programmes vidéo, des modèles d’intelligence artificielle et des millions de petites fonctions capables d’accomplir des opérations extrêmement précises. Nous disposons donc déjà d’une immense réserve mondiale de matière technologique, construite collectivement pendant plusieurs décennies.
LE CODE DEVIENT UNE MATIÈRE
La véritable révolution du code assisté par intelligence artificielle apparaît au moment où cette immense réserve devient manipulable par le langage courant. Une personne peut aujourd’hui ouvrir un projet, demander à une intelligence artificielle d’en expliquer l’architecture, préparer son installation, identifier les fichiers importants, adapter certaines fonctions, transformer son interface, connecter un périphérique, ajouter une API, automatiser une opération ou reprendre une partie du programme pour l’intégrer dans une nouvelle machine.
Ce changement transforme profondément notre relation aux ordinateurs puisque, pendant des décennies, nous avons appris à parler leur langage afin de leur expliquer précisément ce que nous voulions accomplir, alors que les modèles d’intelligence artificielle permettent désormais d’exprimer une grande partie de cette intention avec nos propres mots. Le code devient ainsi une matière que l’on peut explorer, assembler, modifier et façonner avec l’assistance permanente d’un système capable de lire plusieurs milliers de lignes, d’expliquer leur fonctionnement et de proposer les transformations nécessaires.
LA QUESTION DEVIENT : QU’EST-CE QUE JE VEUX FAIRE ?
Cette évolution pourrait progressivement modifier l’un des réflexes fondamentaux de l’informatique personnelle. Face à un besoin, nous cherchons aujourd’hui le nom d’un logiciel capable d’y répondre, alors que demain nous pourrions commencer directement par décrire la fonction recherchée avec une précision croissante. Une personne peut vouloir prendre quatre cents vidéos, détecter automatiquement leurs changements de plans, découper chaque séquence, générer des vignettes et ranger le résultat dans une bibliothèque organisée sur son disque dur ; une autre peut vouloir enregistrer une émission de radio, produire automatiquement sa transcription, identifier les intervenants, fabriquer un résumé, générer une page Web puis archiver l’ensemble ; une autre encore peut vouloir brancher trois boutons, deux écrans et une carte son sur un Raspberry Pi afin de construire une machine dédiée à une seule opération.
Dans chacun de ces cas, une partie importante du code existe probablement déjà quelque part sous la forme d’une bibliothèque, d’un projet expérimental, d’un programme ancien, d’une API, d’un script ou d’un dépôt GitHub entretenu par quelques passionnés. L’intelligence artificielle permet alors de chercher, comprendre et assembler ces éléments afin de construire une réponse spécifique. GitHub commence ainsi à ressembler à une gigantesque réserve mondiale de pièces détachées technologiques dans laquelle chaque projet peut devenir un composant d’une machine encore inexistante.
DU SOFTWARE AS A SERVICE AU SOFTWARE AS I NEED IT
Le modèle du Software as a Service a transformé le logiciel en service accessible en permanence depuis Internet, tandis que l’intelligence artificielle ouvre aujourd’hui la voie à une logique que l’on pourrait appeler Software as I Need It, dans laquelle le programme se construit progressivement autour d’un besoin précis. Une personne décrit une opération, choisit les briques disponibles, demande leur assemblage, teste le résultat, affine son fonctionnement puis conserve l’outil sur son ordinateur ou le partage avec d’autres utilisateurs. La valeur se déplace alors progressivement du logiciel générique vers la capacité à concevoir un système parfaitement adapté à une situation.
Cette évolution peut également transformer l’économie des abonnements numériques, car une quantité croissante de fonctions simples pourra être exécutée localement grâce à des outils personnels construits à partir de technologies ouvertes. Le renommage de fichiers, la conversion de médias, la transcription, le classement d’images, l’analyse de documents, le traitement audio, la génération de miniatures ou l’organisation d’une bibliothèque deviennent autant de fonctions que chacun pourra progressivement assembler selon ses propres règles.
L’OPEN SOURCE ATTENDAIT SON INTERFACE
L’histoire pourrait finalement être beaucoup plus simple que prévu : l’open source possédait déjà une grande partie des technologies nécessaires à une transformation profonde de notre rapport aux machines et attendait simplement une interface suffisamment universelle pour permettre à une population beaucoup plus large de les manipuler. Cette interface est peut-être en train de devenir la conversation. Internet a distribué l’information, l’open source a distribué le code, GitHub et les plateformes collaboratives ont organisé sa fabrication collective, tandis que l’intelligence artificielle distribue désormais progressivement la capacité de le comprendre, de le modifier et de l’assembler.
Pour la première fois, ces différentes couches fonctionnent ensemble. Une personne peut avoir une idée le matin, rechercher les briques existantes, demander à une intelligence artificielle de les comprendre avec elle, construire un premier prototype, le tester sur son ordinateur, le transformer au fil de la journée puis publier le résultat afin qu’une autre personne puisse à son tour le récupérer, le modifier et l’améliorer. Chaque nouvelle création rejoint alors la bibliothèque qui a permis sa naissance et augmente encore les possibilités offertes au prochain fabricant.
DE L’UTILISATEUR AU FABRICANT
La conséquence la plus importante de cette révolution pourrait finalement être culturelle. L’industrie informatique nous a appris pendant plusieurs décennies à choisir des outils conçus par d’autres, tandis que l’association de l’intelligence artificielle et de l’open source nous permet progressivement de devenir fabricants de nos propres technologies. Le logiciel devient une matière première, GitHub devient une bibliothèque mondiale de composants, l’intelligence artificielle devient un atelier capable de nous accompagner dans leur transformation et l’ordinateur personnel retrouve sa vocation originelle de machine programmable au service de l’imagination de son propriétaire.
Internet avait permis à chacun de devenir éditeur, photographe, vidéaste, journaliste, diffuseur ou média. L’intelligence artificielle associée à l’open source ajoute aujourd’hui une possibilité encore plus profonde : chacun peut progressivement devenir le fabricant de ses propres outils numériques. Dans ce monde, la compétence essentielle commence par une question extraordinairement simple et extraordinairement puissante : qu’est-ce que tu veux faire ?
SOFTWARE AS I NEED IT
QU’EST-CE QUE TU VEUX FAIRE ?
Une idée. Des briques ouvertes. Une conversation. Une machine personnelle.
OPEN SOURCE IS FINALLY GOING TO CHANGE THE WORLD
The Internet gave us access to information, open source gave us access to code, and artificial intelligence is now giving us the ability to transform that code and build exactly the tools we need.
For more than thirty years, open source has carried one of the most important promises in computing history: giving everyone access to technology and allowing people to understand how it works, modify it, improve it and share the result with the rest of the world. Linux, Blender, VLC, WordPress, Firefox, FFmpeg and hundreds of thousands of other projects have gradually created a vast common infrastructure on which much of our digital environment now depends. Artificial intelligence is now radically expanding the number of people who can enter this immense library and use its resources.
THE INTERNET PREPARED THE GROUND
One of the great promises of the Internet was the distribution of the means of production, giving anyone equipped with a computer and a connection the ability to publish, communicate, create and build. This promise has largely materialised in the field of information, where anyone can now produce a text, a video, a broadcast, a website or a work of art and distribute it instantly around the world. At the same time, software gradually became a standardised product distributed through services, platforms and subscriptions, with identical interfaces serving millions of users whose actual needs can be radically different.
Meanwhile, a staggering amount of code has accumulated across GitHub, GitLab, Codeberg and other collaborative platforms. Developers around the world publish libraries, complete applications, prototypes, engines, interfaces, scripts, image-recognition systems, audio tools, video programs, artificial intelligence models and millions of small functions capable of performing extremely specific operations. We already possess an immense global reserve of technological material, collectively assembled over several decades.
CODE BECOMES A MATERIAL
The real revolution of AI-assisted coding appears when this enormous reserve becomes accessible through everyday language. Someone can now open a project and ask an artificial intelligence to explain its architecture, prepare its installation, identify important files, adapt particular functions, transform its interface, connect a peripheral, add an API, automate an operation or extract part of the program and integrate it into a completely new machine.
This change profoundly transforms our relationship with computers because, for decades, we learned their languages in order to explain precisely what we wanted them to accomplish, while artificial intelligence models now allow us to express a growing part of that intention using our own words. Code becomes a material that can be explored, assembled, modified and shaped.
THE QUESTION BECOMES: WHAT DO I WANT TO MAKE?
This evolution could gradually change one of the fundamental reflexes of personal computing. When a need appears today, we generally search for the name of a piece of software capable of fulfilling it, while tomorrow we may begin by describing the exact function we want. Someone might want to take four hundred videos, automatically detect every cut, separate each sequence, generate thumbnails and organise the results into a library stored on a hard drive; someone else might want to record a radio show, automatically produce its transcript, identify the speakers, generate a summary, create a Web page and archive everything.
In each of these situations, a significant portion of the necessary code probably already exists somewhere as a library, an experimental project, an old program, an API, a script or a GitHub repository maintained by a handful of enthusiasts. Artificial intelligence can help find, understand and assemble these elements into a specific solution. GitHub begins to resemble an enormous global warehouse of technological spare parts.
FROM SOFTWARE AS A SERVICE TO SOFTWARE AS I NEED IT
Software as a Service transformed software into something permanently accessible through the Internet, while artificial intelligence is now opening the way towards a logic we might call Software as I Need It, where programs are progressively built around specific needs. A person describes an operation, chooses available components, asks for them to be assembled, tests the result, refines how it works and then keeps the tool on their own computer or shares it with other users.
This evolution can also transform the economics of digital subscriptions because a growing number of simple functions can be performed locally through personal tools assembled from open technologies. Renaming files, converting media, transcribing interviews, sorting images, analysing documents, processing audio, generating thumbnails and organising libraries become functions that anyone can progressively assemble according to their own rules.
OPEN SOURCE WAS WAITING FOR ITS INTERFACE
The story may ultimately be much simpler than expected: open source already contained a large part of the technology required to profoundly transform our relationship with machines and was simply waiting for an interface universal enough to allow a much larger population to manipulate it. That interface may be conversation. The Internet distributed information, open source distributed code, GitHub and collaborative platforms organised its collective production, while artificial intelligence is now progressively distributing the ability to understand, modify and assemble it.
For the first time, these different layers work together. Someone can have an idea in the morning, search for existing components, ask an artificial intelligence to understand them alongside them, build a first prototype, test it on their computer, transform it throughout the day and publish the result so another person can retrieve, modify and improve it.
FROM USER TO MAKER
The most important consequence of this revolution may ultimately be cultural. For several decades, the computer industry taught us to choose tools designed by other people, while the combination of artificial intelligence and open source progressively allows us to become makers of our own technologies. Software becomes raw material, GitHub becomes a global library of components, artificial intelligence becomes a workshop capable of assisting us in transforming them, and the personal computer returns to its original purpose as a programmable machine serving the imagination of its owner.
The Internet allowed everyone to become a publisher, photographer, filmmaker, journalist, broadcaster or media outlet. Artificial intelligence combined with open source now adds an even deeper possibility: everyone can progressively become the maker of their own digital tools. In this world, the essential skill begins with an extraordinarily simple and extraordinarily powerful question: what do you want to make?
SOFTWARE AS I NEED IT
WHAT DO YOU WANT TO MAKE?
One idea. Open building blocks. A conversation. A personal machine.







