Camille PellicerJE SUIS BELLELA RADIOLES CHRONIQUES RADIORADIORADIO BELLE

#JESUISBELLE #1 : Sincérité

Extrait de Radio Belle #1 :

J’ai passé mon enfance, mon adolescence et une bonne partie de ma vie de jeune femme à me trouver moche, ingrate, banale et “jamais assez jolie” comparée à ma mère, ma soeur, à mes amies ou à mes actrices préférées que j’admirais tant à l’écran. Petite fille j’ai perdu le sourire à mes 5 ans tout simplement car j’étais malheureuse au sein de ma maison. Je me souviens entendre ce commentaire qui revenait souvent dans la bouche des adultes, mais jamais celles des enfants: “Pourquoi tu ne souris plus Camille? Ce n’est pas jolie une petite fille qui ne sourit pas…, arrête de bouder, Camille, qu’est-ce qu’il ne va pas?”.

J’étais trop jeune pour faire le lien entre mon mal-être d’enfant et cette perte de sourire, ainsi j’ai intégré l’idée, que je n’étais pas si jolie. Je me souviens de cette prise de conscience ultra brutale qu’une partie de ma valeur en tant que personne dépendait de mon sourire et de mon physique. Autant vous dire que j’ai continué à bouder pendant longtemps…Est-ce qu’on allait dire à mes copains de primaire Tristan, Ivan et Gaétan: “Souris voyons! Un petit garçon qui ne sourit pas ce n’est pas joli!”? Hélas, je ne crois pas.

20 ans plus tard j’ai la maturité de comprendre ce qu’il se passait dans ma tête de petite fille et je vais vous dire aujourd’hui ce qu’il ne va pas: Ce qu’il ne va pas c’est de dire à une enfant de 5 ans qu’elle doit sourire, être jolie, mignonne, discrète, soignée et composée. Ce qu’il ne va pas c’est d’associer si tôt ce qu’on est à ce à quoi on ressemble. Cette enveloppe corporelle nous sert de véhicule pour appréhender le monde, mais ce n’est pas, surtout à un si jeune âge, un gage d’humanité, de bonté, de courage, de caractère et d’existence. Cet ébranlement de prendre conscience de son soi physique, plus violent encore chez les filles, on le perpétue tous en fin de compte. On le subit très jeune et on l’entretient malgré nous en le transmettant plus tard à nos enfants. Comment rompre la boucle? Comment faire comprendre aux petites filles que leur valeur, leur humanité tient avant tout à leur sincérité même si cela implique de ne pas sourire, de ne pas être poli(e) et surtout de ne pas faire semblant?

Je suis belle car je suis sincère et j’étais belle quand j’avais 5 ans et que j’affichais ma tristesse totalement justifiée. Je suis belle et ce qui importe c’est d’être sincère je crois et de valoriser cette vertu comme point de départ de la beauté. Alors si vous voulez sourire, garçon ou fille, allez-y, vous serez beaux, mais si vous souhaitez bouder, crier, vous révolter, vous serez d’autant plus belle que votre feu intérieur sera authentique et spontané. 


RADIO BELLE#1

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