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#LA LIMERENCE#7: NOT ALL MEN

Coucou toi. Ça y est, on est libres. C’est la dernière, enfin je crois bien.
Pour ce post-pénultième fragment, un cri d’orfraie : le fameux, oserais-je dire infâme #notallmen. Alors, allons-y gaiment. Parlons-en, des hommes et de la masculinité en crise.

Très souvent, le féminisme est perçu comme une attaque envers les hommes, dans leur globalité mais aussi individualité. Oui. On fait effectivement une généralité pour désigner une catégorie sociale (les hommes-cis) car elle commet le plus de violence sexistes, et qu’elle a la main mise sur beaucoup de privilèges au sein du système patriarcal.

C’est une globalisation légitime basée sur sur des statistiques, sur des faits, pour mettre en lumière un problème. Quand une campagne est faite pour sensibiliser autour de l’alcool au volant, est ce qu’on s’offusque que #notalldrivers ? Si on prend 2 minutes pour réfléchir, sans se sentir visé personnellement, on se rend bien compte qu’il s’agit ici d’un ensemble et non d’individualités plurielles.

Pour clore ce débat, je te propose une métaphore, empruntée à OlympeRêve :
Jean-Mi a peur des requins. Les attaques par gros poisson dentu, il doit y en avoir approximativement, quoi ? , 40 par an sur la planète entière, dont moins de 10 létales ? Va-t-on lui dire #notallsharks ? Comparons. En France, depuis le début de l’année 2021, on compte déjà 56 féminicides. Les assassins sont des hommes-cis. Et on vient nous traiter d’horribles misandres hystériques // quand on affirme avoir peur des hommes ?
Il s’agirait peut-être de se remettre en question..

#notallmen va en général de pair avec #whataboutmen? .
Typiquement, quand on pointe du doigt les inégalités vécues au quotidien par les personnes sexisées, il y aura toujours un Jean-Mi Ouin-Ouin pour ramener inlassablement la question … aux hommes. C’est son jour de chance : du coup, WHAT about men ? Car c’est une vraie question. Qu’allez-vous faire de vous ?

Toute drapée de magnanimité, je concède une chose au discours masculiniste : statistiquement, et paradoxalement, si il fait globalement bon d’être un homme-cis dans notre écosystème, il est vrai qu’ils le subissent également, portant une double casquette à la fois de victime et de bourreau. Quand on regarde les chiffres concernant les SDF, les taux de suicide, les agressions etc., c’est moche. Et encore, je ne pense pas trop m’avancer en disant que les stats sont potentiellement biaisées. Assumer n’importe quelle potentielle faiblesse n’allant pas de pair avec la fierté virile, combien de personnes sont ainsi silenciées par la masculinité toxique ? // En terme d’injonctions également, les hommes-cis ne sont pas en reste. Ils ont un agenda bien chargé à tenir, à grands coup de virilité, performance, réussite, pourvoyance et j’en passe… Malgré tout ça, les hommes-cis et le capitalisme ayant défini les règles du jeu, on peut quand même effectivement parler d’un système patriarcal qui leur bénéficie, surtout dans les hautes sphères de la pyramide sociale. Coucou, la lutte des classes.

Unpopular opinion here : je pense sincèrement qu’une lutte masculiniste positive pourrait être bénéfique et libératrice. Attention. Pas pour se conforter dans les vieux archétypes anti-droits. Ça, merci Morray, on subit déjà.
Je m’explique. Être quotidiennement soit ignoré, soit traité de facto comme dangereux, être considéré comme la source de tout les maux, cela a sûrement un impact sur les âmes, y compris les plus privilégiées. Même si c’est un juste retour de karma, et sans pour autant excuser les comportements violents, ou le harcèlement qui en découlent, je ressens de l’empathie face à la colère et l’anxiété du mâle, face aux soubresauts de la bête, car je l’analyse comme un symptôme d’une réelle crise profonde du genre masculin.


Le rôle traditionnel du protecteur pourvoyeur est obsolète, n’étant plus nécessaire, ni vraiment glorifié. Alors, sans objectif positif autour duquel se construire, que faire ?

J’entrevois les bénéfices d’une vraie réflexion des hommes, par et pour les hommes, autour du changement radical qui s’opère en ce moment dans notre société.

La dynamique du genre telle qu’on la connait est arrivée à un point de rupture, elle ne fonctionne plus. Elle est rapiécée, remplacée petit à petit par une nébuleuse plus équitable mais encore indéfinie. Pour pouvoir fondamentalement tendre vers une réelle horizontalité, il me semble important que les hommes prennent en main leur propre révolution et redéfinissent eux même les codes du genre masculin, dans le but de sortir de ses schémas oppressifs. Pour creuser le sujet plus en profondeur, je te conseille la vidéo de Contrapoints : Men.

Ce n’est pas au féminisme d’apporter des solutions, et même si on le voulait, nous n’avons pas de réponses, nous ne vivons pas votre réalité. Nous faisons déjà beaucoup et avons nos propres revendications.
Pourquoi demander aux femmes et minorités de genre la responsabilité de venir défendre vos droits, en plus du reste ? Les tâches partagées vous connaissez ?

Répartissons donc la charge mentale. Cette évolution implacable, elle nous pends au nez. C’est un travail de symbiose qui doit être fait ensemble, en apportant toustes notre pierre à l’édifice. Comment construire un monde plus juste si près de la moitié de l’humanité sabote, ne se sent pas concernée ou se victimise au lieu de s’entraider ? Ce serait dommage de rester sur le quai, tu ne crois pas ?

Alors voilà. Pour conclure cette saison de fragments, un appel à l’amour, à l’entraide, à la compréhension mutuelle. Comme d’habitude. Mon auditeurice chéri.e, merci pour ton écoute. Merci Xavier, merci Camille de m’avoir offert cette plateforme. Je te laisse aujourd’hui sur un morceau qui sent bon l’été, avec Amarula Café Club.

Bisous, si consentis, et qui sait, on se retrouvera peut être à la rentrée, ou au détour d’un café.

Référence :
@contrapoints

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