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METS UN FANTÔME DANS TA MACHINE — GOSTOPERATOR : PLAY WITH YOUR DATA

EDITORIAL / BERLIN / 2026

GOSTOPERATOR — Play With Your Data
HUMAN IN CONTROL — AI INSIDESCROLL TO EXPLORE ↓
GOSTOPERATOR — PLAY WITH YOUR DATA

METS UN FANTÔME
DANS TA MACHINE

L’intelligence artificielle, le logiciel libre et le retour du bricolage électronique. Comment reprendre possession de nos objets.

Je danse dans ce qui est probablement le plus petit club de Berlin. Un club dans le club, installé dans l’un des appartements au-dessus du Renate. Luca, notre ami italien installé ici, a construit ce minuscule dancefloor et son sound system démesuré : sept enceintes pour quelques mètres carrés. Rapportée à la surface, la puissance sonore serait deux fois supérieure à celle du club en dessous. Je danse, et le son me traverse. D’abord il me masse, puis il m’écrase doucement. Les basses prennent possession de ma cage thoracique ; je sens mes contours se dissoudre. Sur le côté, l’ami qui m’a emmené ici est installé dans un fauteuil fabriqué à partir de la banquette arrière d’une Citroën CX. Il lève la tête vers le DJ : « C’est pas un peu fort, là ? » Sourire. Le son baisse. Je reprends forme humaine. Je cligne des yeux et je comprends ce que je veux faire : fabriquer des machines qui répondent à nos envies plutôt qu’aux seuls plans de leurs fabricants. Depuis quelque temps, je développe des logiciels avec mes assistants numériques. Je leur explique ce que j’imagine, ils m’aident à écrire le code, je teste et nous recommençons. Alors pourquoi m’arrêter aux écrans ? Je pourrais leur donner le mode d’emploi d’une machine, leur montrer ses composants, explorer avec eux ce que je peux y mettre. Un autre programme, une interface, une intelligence, un nouvel usage. Ou bien fabriquer un objet à partir de zéro. Deux voies : la création et la résurrection. Je vais me mettre à l’électronique. Ce sera GOSTOPERATOR. PLAY WITH YOUR DATA.

CONSERVER LE CORPS. REMPLACER L’ESPRIT.

01

LA MACHINE NOUS APPARTIENT

LA MACHINE NOUS APPARTIENT

Une télévision 4K fonctionne encore parfaitement, mais son interface se remplit de publicités, de menus inutiles et de conditions imposées. Des projets comme Free My TV cherchent à redonner à l’écran sa fonction première : montrer ce que nous avons choisi. La désenshittification commence ici, lorsqu’on retire les couches commerciales qui se sont installées entre nos objets et nous. Changer le logiciel, c’est déjà transformer la machine.

Ce geste ouvre une question bien plus vaste que le confort de navigation, car nous avons progressivement accepté que les fabricants continuent de décider du fonctionnement de nos appareils longtemps après leur achat. Une télévision devient une vitrine publicitaire, une application impose son classement et un service numérique modifie ses règles au fil de ses objectifs commerciaux, alors que les capacités matérielles restent largement intactes. Le mouvement de réappropriation technique propose une autre relation : partir de l’usage réel, identifier ce qui encombre l’expérience et reconstruire une interface qui accompagne nos intentions. Cette démarche rejoint la désenshittification, cette volonté collective de rendre les technologies à nouveau utiles, lisibles et gouvernables par celles et ceux qui s’en servent.

02

LE FANTÔME ENTRE DANS LA MACHINE

LE FANTÔME ENTRE DANS LA MACHINE

« Ghost in the Machine » désignait autrefois un problème philosophique : quelle place donner à l’esprit dans un corps matériel ? Aujourd’hui, l’expression prend une tournure presque littérale. Nous décrivons une intention à une intelligence artificielle, nous lui montrons du code, et elle nous aide à inventer une nouvelle fonction. Le fantôme, c’est notre imagination rendue opérante par des outils capables de dialoguer avec la machine. Et derrière chaque prototype se trouve aussi le travail collectif des communautés du logiciel libre.

En 1949, Gilbert Ryle popularisait l’expression Ghost in the Machine pour discuter de la séparation entre l’esprit et le corps, et l’imaginaire cybernétique s’en est ensuite emparé pour raconter des consciences capables de circuler entre les enveloppes matérielles. Mon fantôme est beaucoup plus artisanal : il prend la forme d’un programme, d’une interface ou d’une séquence de commandes qui change ce qu’un appareil peut accomplir. L’IA devient ici un compagnon d’atelier capable de lire une documentation, d’expliquer un protocole, de proposer un schéma et d’aider à corriger un essai, tandis que la décision, le goût et la responsabilité restent du côté de celui qui construit. Cette rencontre entre une intention personnelle et un patrimoine de code partagé rend l’expérimentation plus accessible et renouvelle la culture des machines ouvertes.

03

GOSTOPERATOR : LES OBJETS REPRENNENT VIE

GOSTOPERATOR : LES OBJETS REPRENNENT VIE

Avec GOSTOPERATOR, j’explore cette nouvelle façon de fabriquer des outils : partir d’un besoin réel et construire l’interface, le programme ou l’objet qui lui répond. SONO PLAY s’intéresse à l’écoute, WAVE ROAM MINI à la radio, SONO VIDZ TRSC et VIDZ SUITE à l’image et à la vidéo ; I AM EVERYWHERE prolonge cette recherche vers d’autres formes de création et de diffusion. L’intelligence artificielle accélère l’expérimentation ; GitHub et le logiciel libre fournissent un immense atelier collectif. PLAY WITH YOUR DATA : les données deviennent une matière créative.

Dans l’atelier GOSTOPERATOR, ces deux voies se répondent : créer un instrument vidéo comme VIDZ PLAY LITE, ou redonner un avenir à une machine aimée. Les composants, les schémas, le code et les essais deviennent un langage de création.

Ce qui m’intéresse dans cet atelier, c’est le passage continu d’une idée à un objet que l’on peut poser sur une table, brancher, transporter et utiliser au quotidien. La voie de la création consiste à imaginer une machine originale en assemblant des composants, une interface et un logiciel autour d’une fonction précise ; la voie de la résurrection consiste à accueillir un appareil existant avec son histoire, sa mécanique et son caractère, puis à lui proposer un nouveau rôle. Ces deux mouvements nourrissent le même désir de fabriquer des instruments adaptés à une pratique réelle, qu’il s’agisse de radio, de musique, de vidéo ou de publication. Avec VIDZ PLAY LITE, l’idée d’un instrument vidéo de poche rencontre ainsi une interface physique dédiée, tandis que des projets comme A4-GHOST explorent la possibilité de prolonger le dialogue avec un synthétiseur déjà familier.

GOSTOPERATOR / CASE STUDY / CONCEPT

A4-GHOST — RESSUSCITER UN SYNTHÉTISEUR

A4-GHOST, concept de module IA pour Elektron Analog Four

En juin 2026, j’ai imaginé A4-GHOST, un module destiné à enrichir l’Elektron Analog Four d’un partenaire de composition assisté par intelligence artificielle. L’instrument conserve son architecture sonore analogique ; un moteur externe propose des séquences MIDI, des mélodies, des basses et des variations selon les préférences du musicien. Le concept prévoit cinq modes : DISCOVER, LEARN ME, DUET, MUTATION et PREFERENCES. L’architecture explorée repose sur un Raspberry Pi, un écran OLED, un encodeur et des connexions MIDI. L’idée la plus prudente pour un premier prototype est un boîtier externe et réversible, sans modification du synthétiseur. Cette illustration présente une proposition de design, pas un produit disponible à la vente.

CONSERVER LE CORPS. AUGMENTER LES POSSIBILITÉS.

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PLAY WITH YOUR DATA — GOSTOPERATOR
PLAY WITH YOUR DATA.
04

UN SYNTHÉTISEUR À 70 DOLLARS

UN SYNTHÉTISEUR À 70 DOLLARS

Le M-VAVE FM-1, petit synthétiseur numérique bon marché, illustre ce basculement. Autour de son firmware, des développeurs expérimentent d’autres manières de produire et d’organiser les sons. Un appareil conçu pour une fonction peut se transformer en instrument différent grâce à son programme. Sa valeur ne se limite plus à la fiche technique du fabricant : elle grandit avec l’imagination de ceux qui l’utilisent.

La transformation d’un instrument bon marché en plateforme créative raconte également une histoire industrielle : les fabricants peuvent considérer le logiciel comme un élément figé de leur produit ou comme un espace dans lequel leurs utilisateurs poursuivent le travail de conception. Lorsque la documentation et les outils circulent, les musiciens partagent des variations de firmware, inventent des interfaces inattendues et transmettent leurs découvertes à ceux qui arrivent après eux. Le synthétiseur devient alors un support d’apprentissage collectif autant qu’un objet musical, et chaque expérimentation augmente le champ des usages possibles. Cette perspective m’enthousiasme particulièrement parce qu’elle rapproche la pratique musicale du bricolage électronique, avec la possibilité de concevoir un instrument qui épouse exactement une manière de jouer.

05

LE RETOUR DES BAREFOOT DEVELOPERS

LE RETOUR DES BAREFOOT DEVELOPERS

Les barefoot developers, ces programmeurs « aux pieds nus », fabriquent des logiciels adaptés à leurs propres vies. Un journaliste construit un système d’archives, un musicien un séquenceur, une radio sa console, un artiste son outil de montage. L’IA abaisse la barrière d’entrée sans supprimer la nécessité de comprendre, tester et corriger. On retrouve l’énergie des débuts du Web : copier, démonter, apprendre, recomposer et partager.

J’ai connu cette énergie lorsque le Web personnel se fabriquait à coups de pages HTML, de GIF animés, de scripts récupérés et de longues nuits passées à comprendre pourquoi une ligne de code produisait un résultat inattendu. Les nouveaux assistants de programmation rendent ce dialogue avec la technique plus immédiat, tout en s’appuyant sur des décennies de bibliothèques, de documentation et de contributions offertes par des développeurs du monde entier. Cette générosité du logiciel libre mérite d’être reconnue, car les prototypes qui semblent naître en quelques heures reposent sur un immense travail collectif. Le créateur devient à la fois utilisateur, assembleur et auteur de ses outils, avec une capacité nouvelle à exprimer ses besoins dans le langage des machines.

06

DES OBJETS POUR SORTIR DU WEB

DES OBJETS POUR SORTIR DU WEB

Nos téléphones concentrent la lecture, la musique, la photographie, les messages et les distractions. À force de tout faire, ils nous sollicitent en permanence. Reprogrammer une liseuse pour lire, un ancien téléphone pour enregistrer ou un petit boîtier pour écouter une radio choisie, c’est retrouver des usages précis. GOSTOPERATOR défend aussi cette idée : des objets qui protègent l’attention et rendent du temps à la création. LESS SCROLLING. MORE DOING.

Je pense souvent à la quantité de gestes que nous accomplissons sur un téléphone avant d’arriver à l’activité qui nous avait donné envie de le prendre en main. Une liseuse consacrée à la lecture, un petit lecteur dédié à quelques radios ou un enregistreur pensé pour le terrain peuvent au contraire installer un rapport calme et direct avec une seule pratique. Ces objets spécialisés créent des espaces d’attention où la fonction est immédiatement disponible, où l’interface reste à sa place et où l’expérience se construit autour d’un choix personnel. GOSTOPERATOR s’inscrit dans cette recherche d’une technologie qui accompagne la concentration, le plaisir de fabriquer et la liberté de sortir du flux numérique quand nous en avons envie.

07

L’OBJET AUGMENTÉ PAR SA COMMUNAUTÉ

L’OBJET AUGMENTÉ PAR SA COMMUNAUTÉ

Lorsqu’un objet peut évoluer grâce à ses utilisateurs, sa durée de vie et sa valeur changent. La qualité matérielle reste essentielle, mais l’ouverture du code, la documentation et la réparabilité deviennent des qualités décisives. Les communautés peuvent corriger des défauts, imaginer de nouveaux usages et prolonger la vie d’un appareil. Une autre économie de l’électronique devient envisageable : moins de remplacement automatique, davantage d’appropriation et de soin.

Le geste n’est pas nouveau. Les pionniers de la radio assemblaient déjà des dispositifs à partir de pièces, de schémas et d’essais successifs. Ce qui change aujourd’hui, c’est la vitesse à laquelle on peut accéder aux connaissances, comparer des solutions et passer de l’idée au prototype.

La valeur d’une machine peut aussi venir de la communauté qui se forme autour d’elle, de la précision des schémas partagés, des tutoriels, des pièces compatibles et des idées qui continuent de circuler après sa sortie commerciale. Un appareil ouvert devient un support durable de création, dont les possibilités s’élargissent à mesure que les utilisateurs comprennent son fonctionnement et transmettent leurs découvertes. Cette culture rejoint l’histoire des radioamateurs, des premiers laboratoires électroniques et de ces inventeurs qui faisaient avancer la technique en assemblant des pièces disponibles. Elle dessine aujourd’hui une économie possible de la réparation, de la transformation et de la transmission, où l’on peut aimer un objet assez longtemps pour lui inventer plusieurs vies.

08

REPRENDRE LE CONTRÔLE

REPRENDRE LE CONTRÔLE

Cette liberté exige de la méthode. Un firmware modifié peut casser un appareil ; du code généré par IA peut comporter des erreurs ou des failles. Il faut apprendre à sauvegarder, vérifier, documenter et respecter les limites techniques et juridiques. Mais ces précautions n’enlèvent rien à l’essentiel : la machine cesse d’être une boîte noire intouchable. Elle redevient un matériau que l’on peut comprendre et transformer.

Cette liberté gagne à s’accompagner d’une véritable culture de l’essai : lire la documentation, identifier les tensions électriques, conserver une sauvegarde du programme d’origine, comprendre les licences et vérifier les modifications avant de les installer. Les assistants numériques peuvent accompagner ces étapes, expliquer les erreurs et proposer des tests, tandis que l’expérience concrète apprend progressivement à reconnaître ce qui fonctionne. L’enjeu dépasse la réussite d’un prototype, puisqu’il consiste à acquérir une autonomie technique que l’on pourra réutiliser sur d’autres appareils et partager avec d’autres personnes. À mesure que cette compétence se diffuse, l’électronique redevient un terrain d’exploration pour les artistes, les journalistes, les musiciens et tous ceux qui aiment fabriquer leurs propres outils.

09

MIND YOUR MACHINE

MIND YOUR MACHINE

Je veux poursuivre GOSTOPERATOR comme un atelier ouvert, entre culture hacker, radios pirates, outils artistiques et logiciel libre. Fabriquer des machines simples, singulières, durables ; publier ce qui peut être partagé ; faire circuler les idées. Le fantôme dans la machine n’est pas une intelligence magique : c’est notre curiosité, notre intention et la somme des savoirs que d’autres ont mis en commun. PUT A GHOST IN YOUR MACHINE. PLAY WITH YOUR DATA.

Je retrouve dans cette perspective quelque chose des radios pirates, des ateliers de VJ, des premiers ordinateurs personnels et de la culture des logiciels libres, lorsque les machines étaient autant des instruments que des invitations à comprendre le monde. GOSTOPERATOR rassemble ces intuitions dans un atelier où les idées circulent entre le code, le son, l’image et la matière, avec l’envie de partager des prototypes et de donner envie à d’autres de commencer. Le fantôme que j’aimerais mettre dans les machines ressemble finalement à une combinaison de curiosité, d’intelligence collective et d’attention portée à nos usages. Il commence par une question très simple, posée devant un objet familier : qu’est-ce que nous pourrions lui apprendre à faire aujourd’hui ?

GOSTOPERATOR — PLAY WITH YOUR DATA

PUT A GHOST
IN YOUR MACHINE

Artificial intelligence, open-source software and the return of electronic tinkering. How we are taking ownership of our devices again.

I am dancing in what may be Berlin’s smallest club: a club inside a club, in one of the apartments above Renate. Luca, our Italian friend who lives here, has built a tiny dance floor and an outrageous sound system: seven speakers in just a few square metres. Per square metre, the sound power is said to be twice that of the club downstairs. I dance and the sound goes through me. First it massages me, then it gently crushes me. The bass takes over my ribcage; my outline seems to dissolve. At the side, the friend who brought me here is sitting on an armchair made from the rear bench of a Citroën CX. He looks up at the DJ: “Isn’t it a bit loud?” A smile. The volume drops. I regain human form. I blink and suddenly understand what I want to do: build machines that answer our desires, rather than only their manufacturers’ plans. For a while now, I have been developing software with my digital assistants. I explain what I imagine, they help me write the code, I test, and we start again. So why stop at screens? I could give them a machine’s manual, show them its components and explore what I could put inside it: another program, an interface, an intelligence, a new use. Or I could build something from scratch. Two paths: creation and resurrection. I am going to learn electronics. This will be GOSTOPERATOR. PLAY WITH YOUR DATA.

KEEP THE BODY. REPLACE THE MIND.

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THE MACHINE BELONGS TO US

THE MACHINE BELONGS TO US

A 4K television still works perfectly, yet its interface fills with ads, unnecessary menus and imposed terms. Projects such as Free My TV aim to give the screen back its original purpose: showing what we actually choose. Disenshittification starts when we strip away the commercial layers that have settled between our devices and ourselves. Change the software and you begin to transform the machine.

The question goes far beyond convenient navigation, because manufacturers have increasingly retained control over the behaviour of devices long after we have bought them. A television becomes an advertising surface, an application imposes its ranking and a digital service changes its rules to meet commercial targets, even while the hardware remains perfectly capable. Reclaiming technology means beginning with real use, identifying the layers that interrupt it and rebuilding an interface around human intention. This is the spirit of deshittification: a collective effort to make digital tools useful, legible and accountable to the people who use them.

02

THE GHOST ENTERS THE MACHINE

THE GHOST ENTERS THE MACHINE

“Ghost in the Machine” once described a philosophical problem: where does the mind fit inside a material body? Today the phrase feels almost literal. We describe an intention to an AI, show it some code, and ask it to help us invent a new function. The ghost is our imagination made operational through tools that can converse with machines. Behind every prototype also stands the collective work of open-source communities.

Gilbert Ryle popularised the phrase Ghost in the Machine in 1949 while discussing the relationship between mind and body, and cyberpunk culture later turned it into an image of consciousness moving between physical shells. My ghost is far more practical: a program, an interface or a sequence of instructions that changes what a device can do. AI becomes a workshop companion that can read documentation, explain a protocol, suggest a circuit and help debug an experiment, while judgment, taste and responsibility remain with the maker. The encounter between personal intention and a shared heritage of code makes experimentation more accessible and renews the culture of open machines.

03

GOSTOPERATOR: OBJECTS COME BACK TO LIFE

GOSTOPERATOR: OBJECTS COME BACK TO LIFE

With GOSTOPERATOR, I explore a different way to build tools: start with a real need, then create the interface, program or object that answers it. SONO PLAY explores listening, WAVE ROAM MINI radio, SONO VIDZ TRSC and VIDZ SUITE images and video; I AM EVERYWHERE extends the research into other forms of creation and distribution. AI speeds up experimentation, while GitHub and open-source software offer a vast collective workshop. PLAY WITH YOUR DATA: data becomes creative material.

Inside the GOSTOPERATOR workshop, these two paths speak to each other: build a video instrument like VIDZ PLAY LITE, or give a beloved machine another future. Components, diagrams, code and tests become a creative language.

What excites me is the continuous movement from an idea to an object that can be placed on a table, connected, carried and used every day. Creation means designing an original machine by combining components, an interface and software around a specific function; resurrection means welcoming an existing device with its history, mechanics and character, then imagining a new role for it. Both paths serve the same desire to build instruments suited to real practices, whether radio, music, video or publishing. VIDZ PLAY LITE explores a pocket-sized video instrument with a dedicated physical interface, while A4-GHOST explores a renewed dialogue with a familiar synthesizer.

GOSTOPERATOR / CASE STUDY / CONCEPT

A4-GHOST — BRINGING A SYNTHESIZER BACK TO LIFE

A4-GHOST, concept de module IA pour Elektron Analog Four

In June 2026, I imagined A4-GHOST: an AI-assisted composition companion for the Elektron Analog Four. The synthesizer keeps its analogue sound architecture, while an external engine suggests MIDI sequences, melodies, basslines and variations shaped by the musician’s preferences. The concept includes five modes: DISCOVER, LEARN ME, DUET, MUTATION and PREFERENCES. The explored architecture uses a Raspberry Pi, an OLED display, a rotary encoder and MIDI connections. A sensible first prototype would be an external, reversible box that leaves the synthesizer untouched. This image is a design concept, not a product currently for sale.

KEEP THE BODY. EXPAND THE POSSIBILITIES.

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PLAY WITH YOUR DATA — GOSTOPERATOR
PLAY WITH YOUR DATA.
04

A SEVENTY-DOLLAR SYNTHESIZER

A SEVENTY-DOLLAR SYNTHESIZER

The M-VAVE FM-1, an inexpensive digital synthesizer, illustrates the shift. Developers experiment with its firmware to create different ways of producing and organizing sound. A device designed for one purpose can become another instrument through software. Its value no longer ends with the manufacturer’s specifications: it grows with its users’ imagination.

Turning an inexpensive instrument into a creative platform also tells an industrial story: manufacturers can treat software as a fixed part of a product or as a space where users continue the design process. When documentation and tools circulate, musicians share firmware variations, invent unexpected interfaces and pass their discoveries on to newcomers. The synthesizer becomes a collective learning environment as much as a musical object, and each experiment expands the range of possible uses. This prospect brings musical practice closer to electronic tinkering and makes room for instruments shaped around an individual’s way of playing.

05

THE RETURN OF BAREFOOT DEVELOPERS

THE RETURN OF BAREFOOT DEVELOPERS

Barefoot developers build software tailored to their own lives. A journalist makes an archive system, a musician a sequencer, a radio station its console, an artist an editing tool. AI lowers the entry barrier without removing the need to understand, test and correct. It brings back the energy of the early Web: copy, dismantle, learn, remix and share.

I remember this energy from the early personal Web, when we made pages with HTML, animated GIFs, borrowed scripts and long nights spent understanding why a line of code behaved in an unexpected way. New coding assistants make this conversation with technology more immediate, drawing on decades of libraries, documentation and contributions freely shared by developers around the world. That generosity of open-source culture deserves recognition, because prototypes that appear in hours rest on an enormous collective effort. The maker becomes user, assembler and author of their own tools, newly able to express practical needs in the language of machines.

06

DEVICES THAT HELP US LEAVE THE WEB

DEVICES THAT HELP US LEAVE THE WEB

Our phones combine reading, music, photography, messages and distractions. By doing everything, they constantly demand our attention. Reprogramming an e-reader for reading, an old phone for field recording, or a small box for a chosen radio stream gives each activity its own space. GOSTOPERATOR also stands for devices that protect attention and return time to making things. LESS SCROLLING. MORE DOING.

I often think about how many gestures we perform on a phone before reaching the activity that made us pick it up. An e-reader devoted to books, a small player tuned to a handful of radio stations or a recorder designed for fieldwork can create a calmer, more direct relationship with a single practice. Specialised objects make room for attention, with functions immediately available and interfaces that stay in their place. GOSTOPERATOR belongs to this search for technology that supports concentration, the pleasure of making and the freedom to step away from the digital stream whenever we choose.

07

THE COMMUNITY-AUGMENTED OBJECT

THE COMMUNITY-AUGMENTED OBJECT

When an object can evolve through its users, its lifespan and value change. Hardware quality remains essential, but open code, documentation and repairability become decisive qualities. Communities can fix problems, imagine new uses and keep devices alive longer. Another electronics economy becomes imaginable: less automatic replacement, more ownership and care.

The gesture is not new. Radio pioneers already assembled devices from parts, diagrams and repeated experiments. What has changed is the speed at which we can access knowledge, compare solutions and move from an idea to a prototype.

A machine’s value can also come from the community around it: shared diagrams, careful tutorials, compatible parts and ideas that continue circulating long after its commercial release. An open device becomes a durable creative platform whose possibilities expand as users understand it and share what they discover. This culture connects with radio amateurs, early electronics laboratories and inventors who advanced technology by assembling the parts available to them. Today it suggests an economy of repair, transformation and transmission, where we can care for an object long enough to give it several lives.

08

TAKING BACK CONTROL

TAKING BACK CONTROL

Freedom requires discipline. Modified firmware can brick a device; AI-generated code can contain bugs and vulnerabilities. We need to learn to back up, verify, document and respect technical and legal constraints. None of this changes the central idea: the machine stops being an untouchable black box. It becomes material we can understand and reshape.

Freedom becomes more powerful when accompanied by a culture of experimentation: reading documentation, identifying electrical requirements, keeping a backup of the original software, understanding licences and testing changes before installation. Digital assistants can help explain errors and propose checks, while hands-on experience gradually teaches us to recognise what works. The goal extends beyond a successful prototype toward technical autonomy that can be reused across devices and shared with others. As these skills spread, electronics becomes an exploratory field for artists, journalists, musicians and everyone who enjoys building their own tools.

09

MIND YOUR MACHINE

MIND YOUR MACHINE

I want to keep building GOSTOPERATOR as an open workshop between hacker culture, pirate radio, artistic tools and free software. Make simple, singular, durable machines; publish what can be shared; let ideas circulate. The ghost in the machine is not magical intelligence: it is our curiosity, our intention and the knowledge others have made available to everyone. PUT A GHOST IN YOUR MACHINE. PLAY WITH YOUR DATA.

I recognise in this future something of pirate radio, VJ workshops, early personal computers and free-software culture, when machines were both instruments and invitations to understand the world. GOSTOPERATOR gathers those instincts in a workshop where ideas move between code, sound, images and matter, with a desire to share prototypes and encourage others to begin. The ghost I want to place in machines is ultimately a combination of curiosity, collective intelligence and care for the way we use things. It begins with a simple question in front of a familiar object: what could we teach it to do today?

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Xavier Faltot

Xavier Faltot est producteur multimédia, installé à Berlin. Depuis plus de vingt ans, il traverse la radio, l'image et le web avec une approche de média mutant : il a débuté aux côtés de l'artiste Shu Lea Cheang, fondé la webradio parisienne Radiomarais et animé pendant une quinzaine d'années des lieux culturels comme la Station et le Consulat, en mêlant art, technologie, cinéma et poésie. Pionnier des usages créatifs du web, il fabrique aujourd'hui avec l'intelligence artificielle des images, des voix et des instruments sur mesure, comme TEXT OPERATOR et La Carte des fuites, conçus pour écrire Maison Fluid, son traité de parentalité fluide à paraître le 25 juillet 2027. ////// Xavier Faltot is a multimedia producer based in Berlin. For more than twenty years he has moved through radio, image and the web as a media mutant: he started out alongside artist Shu Lea Cheang, founded the Parisian web radio Radiomarais and spent some fifteen years running cultural venues such as la Station and le Consulat, blending art, technology, cinema and poetry. A pioneer of creative uses of the web, he now builds images, voices and custom instruments with artificial intelligence, such as TEXT OPERATOR and La Carte des fuites, designed to write Maison Fluid, his treatise on fluid parenting, out on 25 July 2027.
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