
Médiathèque · Les livres
L'Apocalypse joyeuse
Une histoire du risque technologique
Les sociétés industrielles connaissaient parfaitement les dangers de leurs inventions : Jean-Baptiste Fressoz nous montre comment elles ont appris à les accepter, et comment cette « désinhibition » fonde encore notre rapport à la technique.
Une histoire de la lucidité
que nous avons appris à faire taire
Nous aimons croire que nos ancêtres avançaient dans le progrès technique avec une innocence heureuse, et que la conscience écologique serait une découverte récente, fille des catastrophes du XXᵉ siècle. Jean-Baptiste Fressoz renverse ce récit confortable en plongeant dans les archives de la vaccine, des usines chimiques, de l’éclairage au gaz et des machines à vapeur, pour révéler des sociétés parfaitement informées des risques qu’elles prenaient.
Le cœur du livre tient dans un concept puissant, celui de désinhibition : un ensemble de dispositifs juridiques, scientifiques, assurantiels et administratifs qui ont permis de transformer l’inquiétude légitime des riverains, des médecins et des ouvriers en acceptation organisée. Normes, expertises, compensations financières et réglementations deviennent autant de manières de rendre le danger gouvernable, et donc acceptable.
En historien minutieux, Fressoz dessine ainsi une généalogie de notre présent, où la catastrophe annoncée accompagne en permanence le développement industriel, comme une apocalypse joyeuse que nous aurions choisi de traverser en connaissance de cause. Le livre nous invite à regarder nos débats contemporains sur le climat, l’intelligence artificielle ou les biotechnologies avec cette mémoire retrouvée, et à reconnaître que la lucidité a toujours été disponible.
Ce qu’il apporte à Maison Fluid
Il nous donne une clef essentielle pour penser la peur du vide et l’anxiété contemporaine : la catastrophe accompagne la technique depuis toujours, et notre lucidité est un héritage que nous pouvons réactiver.
Il éclaire la manière dont une société fabrique du consentement, ce qui nourrit directement notre réflexion sur l’éducation et sur ce que nous transmettons à nos enfants.
Il offre une méthode historique précieuse pour démonter les récits linéaires du progrès et ouvrir l’espace d’une pensée fluide, attentive aux bifurcations possibles.







