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De Stonewall à DeKalb : quand quatre étudiants ont changé l’histoire de NIU

Aux premières heures du 28 juin 1969, la police de New York fait une descente dans un bar gay du quartier de Greenwich Village, le Stonewall Inn. C’est un bar sombre, refuge des marginalisés de l’époque — drag queens, jeunes queer sans abri, travailleuses du sexe, couples illégaux, espoirs tenaces. Ce soir-là, c’est la goutte de trop. Les client·es se rebellent. Ce qui devait être une opération policière de routine dégénère en six jours de révoltes et de confrontations.

Stonewall devient un symbole : celui du refus de se taire, du droit d’exister. La fierté naît dans la rage.

À plus de 1 300 kilomètres de là, à la Northern Illinois University (NIU), quatre étudiants entendent l’écho de cette révolte : Carl Schmidt, Guy Maita, Stephen Berg et Dennis McMullen. Inspirés, galvanisés, ils commencent à assister aux réunions de libération homosexuelle à Chicago. Mais ils veulent plus. Ils veulent agir dans leur propre campus, au cœur de la ville de DeKalb.

« Nous savions au fond de nous que nous avions raison, écrivent-ils plus tard. Mais avions-nous le courage de le faire dans le grand “J” ? »

Les discussions s’éternisent dans leurs salons lavande. Ils espèrent. Ils parlent. Et ils prient, aussi — pour trouver la force. Et cette force, ils la trouvent.

D’abord, ils tentent de publier une annonce dans le Northern Star, le journal étudiant. Refusée. Qu’à cela ne tienne : ils distribuent des tracts proclamant l’arrivée de la Gay Liberation à NIU et invitent à une première réunion de ce qui deviendra le Gay Liberation Front (GLF) du campus.

Très vite, le GLF s’organise : événements, soutien entre pairs, annuaires téléphoniques pour se retrouver, danse avec tickets d’entrée. Une communauté publique voit le jour à DeKalb — une première. Hommes, femmes, étudiants ou non : tous se retrouvent là.

« Nous sommes devenus forts, influents. Et nous avons appris une chose essentielle : les dragons, finalement, étaient dans nos têtes. »

Le 12 avril 1970, le GLF est reconnu par l’Association Étudiante de NIU. Officiellement. Mais l’égalité, elle, reste très officieuse. Aucune subvention sérieuse, aucun bureau sur le campus.

« Je n’aime pas financer une agence de rencontres pour mecs », lâche même un sénateur étudiant de l’époque.

Pas question de plier : les membres du GLF organisent des soirées payantes, récoltent les 30 dollars mensuels nécessaires pour louer un local dans le centre-ville. Ce n’est qu’en 1979, presque dix ans plus tard, qu’un bureau leur est enfin accordé sur le campus.

L’histoire du GLF se poursuit sous d’autres noms :

  • 1974 : GCO (Gay Community Organization)
  • 1980 : G/LU (Gay/Lesbian Union)
  • 1993 : Lesbian, Gay, Bisexual Coalition
  • 1998 : PRISM (nom encore actuel)

Des jalons importants sont posés :

  • 1986 : NIU interdit toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.
  • 1988 : l’université étend cette protection à toute sa communauté.
  • Création d’une Commission présidentielle sur l’orientation sexuelle.
  • 2003 : ouverture du LGBT Resource Center.
  • 2006 : NIU est reconnue comme l’un des campus les plus LGBTQ+ friendly du pays.
  • 2014 : fusion avec le Women’s Resource Center pour former le Gender and Sexuality Resource Center.

En 1996, NIU crée le Eychaner Award, récompensant les contributions majeures à la communauté LGBT. Les premiers lauréats ? Carl, Guy, Steve et Dennis — ces quatre garçons qui, cinquante ans plus tôt, avaient osé croire que les dragons n’étaient que des illusions.

→ Lire la source originale sur le site de la NIU

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Source
https://125keymoments.niu.edu
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Xavier Faltot

Xavier Faltot: Media Mutant, brille par ses images expérimentales, mêlant art, technologie, cinéma et poésie. Dès ses débuts avec l’artiste Shu Lea Cheang, il sait capturer et danser avec le réel. Ses œuvres, à la fois provocantes et captivantes, reflètent une compréhension profonde de la globale culture actuelle. Samouraï virtuel multimedia et pionnier français dans l'utilisation des outils offerts par le web, il attend depuis toujours l'arrivée des intelligence artificielles. Aujourd’hui à l’aise avec les machines qui créent en vrai, il joue et fabrique des mondes animés à la carte ou des univers virtuels inconnus. ////// Xavier Faltot: Media Mutant, shines through his experimental images, mixing art, technology, cinema and poetry. From his early work with artist Shu Lea Cheang, he has captured and danced with reality. His works, both provocative and captivating, reflect a deep understanding of today's global culture. A multimedia digital samurai and French pioneer in the use of web tools, he has always awaited the arrival of artificial intelligence. Now at ease with the machines that create the real thing, he plays with and creates bespoke animated worlds or unfamiliar virtual universes.
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