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#LaLimerence 1: Note all feministes

Bonjour toi. Je suis Nirina, une femme cis, blanche, et hétérosexuelle. J’ai 30 ans et j’aime gouailler féminisme, genre, sexualité et normativité. J’ai cet autre privilège d’avoir souvent l’espace mental pour échanger et débattre dans un but d’éducation mutuelle autour de ces sujets. Disclaimer cependant : je ne pense pas détenir entre mes mains la vérité absolue. Le féminisme est plur-iels, de part l’éventail si large des profils qui le représentent.


En macrosystème, moi, les hommes, je les déteste, pour citer ce merveilleux livre écrit par Pauline Harmange, que je te conseille soit-dit en passant. Mais, pour mon plus grand malheur, en microsystème, je les aime aussi et je pense fondamentalement que s’allier c’est aussi prendre le temps de s’entrainer, de s’entraider. Alors, si tu n’es pas concerné.e, respire, ne prend pas peur. Je ne vais pas casser l’ambiance en soirée. En clair : tout va bien se passer.
C’est parti pour un fragment ambiance déconstruc-pas-si-chiant autour de la colère et de l’empathie.

La colère des femmes et minorités de genre gronde et elle est légitime.

O.K. Morray, je t’entends venir : oui il y a des personnes sexisées qui ne se sentent pas concernées ni indignées, car iels ont trouvé comment s’accommoder du patriarcat et de ses normes oppressives. Fair enough. Néanmoins, la passivité, de façade ou réelle, de certains/certaines n’est pas une porte à enfoncer pour minimiser le vécu et rejeter la colère des autres, les « hystériques », « lesbiennes », « chiennes de garde », et j’en passe. Déjà, ces mots ne sont pas des insultes, et les utiliser en tant que tel, c’est au choix spéciste, homophobe, psychophobe et autres joyeusetés. D’ailleurs, si tu veux insulter en toute wokeness je te conseille le compte « c’est quoi cette insulte sur Instagram« . Le patriarcat et la réalité de nos expériences sont violents et les féministes qui desserviraient leur cause n’existent pas. Le soucis ce n’est donc pas la verve de Despentes, ni la colère de taon pote qui se trigger / gros guillemets / pour un rien. Le Tout va bien se passer Fragment #1 souci c’est plutôt qu’on a pas appris à accueillir, à recueillir la colère de l’autre ou à faire marcher notre bouton empathie.

Le trigger de la personne que tu as en face de toi vient de sa réalité, et juste l’accepter, c’est simplement lui laisser la place d’exister. Si un sujet n’est pas cristallisant pour toi, avant de te sentir personnellement attaqué, je te propose d’ouvrir les écoutilles du bon sens et de prendre du recul, car tout est histoire de prisme. Comme dirait o.s.m.o.s.e, créons des ponts entre les humains. La distanciation lors d’un débat ou ne pas se sentir concerné.e sont des privilèges. Avoir la possibilité de rester calme, de discuter, ou d’éduquer, est aussi un privilège. Ne pas accepter de reconnaitre qu’on a pu être border, c’est un symptôme de privilège.


Ce que je te propose en face d’une situation de tension : respirer, laisser l’ego de côté, et décanter en essayant de se déshabiller de nos biais systémiques. De la colère peut naître par électrochoc la compréhension, la solidarité, l’adelphité, car on ouvre notre réalité à l’idée qu’une autre puisse y coexister en toute légitimité. Alors non, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise féministe et chacun/chacune a sa manière de fonctionner bien à ellui. Aucun/Aucune ne dessert la cause, puisqu’iels SONT la cause. Iels en sont le fruit, l’expression et chaque approche a son utilité, qu’elle soit cathartique, virulente ou éducationnelle. Nos chemins nous appartiennent, et mon petit côté balance bienveillance me susurre, au pire du pire, we can always agree to disagree.

Petit conseil anti-débat relou :
Si toi aussi tu te retrouve souvent acculé.e entre la dinde et le dessert sur un sujet qui t’es cher, rappelle toi: tu ne dois pas le débat. Ma règle d’or ? Je donne 2 à 5 minute de mon temps à Jean-Michel sexiste / raciste / transphobe / ou n’importe quel autre mot en-phobe ou -iste. Si je vois que c’est voué à être non construtif, ou que je ne suis pas dans le mood ? « Je n’ai pas envie de débattre maintenant. » Et on passe de force à autre chose.

Des références:

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Xavier Faltot

Xavier Faltot est producteur multimédia, installé à Berlin. Depuis plus de vingt ans, il traverse la radio, l'image et le web avec une approche de média mutant : il a débuté aux côtés de l'artiste Shu Lea Cheang, fondé la webradio parisienne Radiomarais et animé pendant une quinzaine d'années des lieux culturels comme la Station et le Consulat, en mêlant art, technologie, cinéma et poésie. Pionnier des usages créatifs du web, il fabrique aujourd'hui avec l'intelligence artificielle des images, des voix et des instruments sur mesure, comme TEXT OPERATOR et La Carte des fuites, conçus pour écrire Maison Fluid, son traité de parentalité fluide à paraître le 25 juillet 2027. ////// Xavier Faltot is a multimedia producer based in Berlin. For more than twenty years he has moved through radio, image and the web as a media mutant: he started out alongside artist Shu Lea Cheang, founded the Parisian web radio Radiomarais and spent some fifteen years running cultural venues such as la Station and le Consulat, blending art, technology, cinema and poetry. A pioneer of creative uses of the web, he now builds images, voices and custom instruments with artificial intelligence, such as TEXT OPERATOR and La Carte des fuites, designed to write Maison Fluid, his treatise on fluid parenting, out on 25 July 2027.
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