
Médiathèque · Les livres
Determinatio sacrae Facultatis parisiensis
super libro cui titulus « Émile ou De l'éducation »
Un document rare : la censure prononcée en 1762 par la Faculté de théologie de Paris contre l’Émile de Rousseau. Une plongée dans les archives qui montre combien une pensée de l’enfance pouvait alors bouleverser l’ordre établi.
Quand un livre d’éducation
faisait trembler l’ordre établi
En 1762, la publication de l’Émile provoque un scandale considérable. Le Parlement de Paris ordonne que le livre soit lacéré et brûlé, et Rousseau doit fuir en Suisse. Quelques mois plus tard, la Faculté de théologie de Paris, la Sorbonne, publie sa propre censure, rédigée en latin et accompagnée de sa traduction française.
Le document examine méthodiquement les propositions de l’ouvrage jugées contraires à la foi, en particulier celles de la « Profession de foi du vicaire savoyard » : la religion naturelle, le refus des révélations, l’idée de réserver l’instruction religieuse de l’enfant à l’âge de raison. Chaque passage cité est suivi de sa réfutation théologique.
Numérisé par la Bibliothèque nationale de France et accessible sur Gallica, ce texte offre un témoignage précieux sur les tensions qui entourent alors la question de l’éducation. Il rappelle que penser l’enfance autrement a toujours constitué un geste profondément politique.
Ce qu’il apporte à Maison Fluid
Il montre que toute pensée nouvelle de l’enfance engage aussi une vision du pouvoir et de la société.
Il donne à notre bibliothèque une dimension d’archive et de source primaire.
Il éclaire le contexte historique de l’Émile, et la radicalité de son geste.
Il nous rappelle que la liberté de penser l’éducation est une conquête à cultiver.







