REVUE DE PRESSE · MCD HORS-SÉRIE #03 · SEPTEMBRE 2009
Flashback 2009 : le magazine MCD (Musiques et Cultures Digitales) consacre son hors-série « État des lieux des arts en réseau » aux 50 personnes qui ont fait l’Internet en France. Page 96, dans la série WJ-SPOTS #1 Paris, mon portrait sous la bannière de La Controverse.

Transcription
WJ-SPOTS #1 | PARIS
Xavier Faltot · www.lacontroverse.eu
Xavier Faltot aka Xavier Society for the Blind est un média-mutant autodidacte basé à Paris, responsable du Mouvement pour la Culture de Masse (mcmparis). Depuis l’an 2000 il officie en tant que journaliste pour la télévision française, de Culture Pub à Tracks en passant par Rive Droite Rive Gauche ou encore La Matinale de Canal +. Il raconte aussi pendant 3 ans, de 1999 à 2002, ses nuits dans le magazine Technikart et fait ses premiers pas dans le web et la vidéo en ligne en 1999 sur Canal Web, puis Nouvo.com. Auteur depuis 2004 d’un fanzine « Le Guide du Renard des Villes », un guide de survie en condition urbaine qu’il agrafe aux murs des villes francophones, il fabrique aussi des herbiers de rues, composés de stickers qu’il décolle des murs des différentes capitales qu’il croise. En ligne, il diffuse de manière transversale ses médiavirus, comme ses Transmediaquizz ou ses Videodrones. Matériaux qu’il remixe depuis 2003, en live, lors de ses VJ sets. Il accompagnera le groupe Scratch Massive jusqu’en 2006 pour ensuite se produire avec d’autres musiciens. Ces modules, effectués dans un style impressionniste version post-MTV, proposent un engagement radical à l’esthétique avant-garde… En juillet 2007, il crée sa société de production audio-visuelle : La Controverse. Il se lance dans la production d’un city guide européen : Reco(n), puis travaille sur la géolocalisation et sur un style de réalisation efficace mais poétique… Les 4 et 5 février 2007 au Sénat il conceptualise et réalise une série de 40 interviews de la crème de l’avant-garde des nouvelles technologies et de l’Internet dans le cadre du Forum Netexplorateur…
Ma perception est sûrement celle des nantis qui, les premiers, ont eu accès aux lumières pré-révolutionnaires. Je sais faire partie des premiers à avoir joui des fruits, des idées, des lumières donc du web. J’ai commencé à utiliser un mac2E en 1984, et suis tombé dans le design de CD-rom interactif à 14 ans, donc l’arrivée et l’utilisation du web fut pour moi tout à fait normal. Comme un poisson dans l’eau donc j’ai grandi avec les innovations technologiques. Mais entre analogique et numérique, tel le chaînon manquant, je garde ou plutôt tente de garder de la distance sur le médium ; tente de trouver du sens, une fonction. Mon sentiment après ces années est que les outils s’améliorent, se lissent aussi. Ce qui me touche c’est de plus en plus l’efficacité des plateformes sociales qui enfin commencent à avoir du poids et dessinent un monde plus juste, mieux informé, plus transparent je pense… Je me sens partir dans une sorte de paraphrase de toutes les interviews que j’ai réalisé sur le sujet, donc je stop ici, et conclus avec ma baseline : transgress to progress, qui à mon sens est la clef du développement des nouvelles technologies. Il nous faut des histoires, des hommes, de la poésie et surtout continuer toujours à développer des usages qui fassent avancer les mentalités et les technologies au service des hommes. Il faut dépasser l’effrayante transparence d’aujourd’hui pour offrir de l’imaginaire frais et inspirant sinon la machine et les robots pensants finiront par tous nous réduire à l’état de neurones esseulés. La guerre de l’imaginaire a commencé et partout il faut recruter. Halleloujah.
Simple et efficace… il n’y a plus de limites à la pensée, il n’y a plus de limites à la création, il n’y a plus de limites à l’échange immatériel et cela effraie, ceci est troublant. Il est donc important de précipiter le processus vers un retour au réel, à l’échange bienveillant de denrée, de dur, de cœur, de transpiration. De ne pas attendre que la nature nous rappelle à l’ordre. Le virtuel c’est super, mais il ne produit rien d’autre que de l’espoir et de l’inspiration, qu’il faut impérativement transformer en actions. Sinon et bien le plus bel outil inventé par l’être humain ne sera qu’un gadget dans notre histoire en berne. Je crois aux trains, je crois aux histoires d’amour, je crois que l’on peut peindre à plusieurs.
Ce qui m’inquiète, c’est ce rapprochement entre le réel et le web, la réalité augmentée, les réseaux sociaux dans le réel. J’ai peur que l’on puisse rentrer dans une sorte de ségrégation assistée par ordinateur dans le réel, où les hommes auront le choix de paramétrer les éléments du réel qu’ils veulent voir et sentir et d’exclure les autres. En gros, gommer le hasard et les rencontres fortuites pour rester dans un univers à la carte. Cela se dessine déjà, sans Mac ou PC, partout dans le monde… je pense aux forteresses pour riches, je pense aux centres commerciaux. Et c’est ici que je suis heureux et que je remercie la planète de ne pas nous permettre de continuer à développer des technologies sans penser à la nature. Car je crois, que nous n’atteindrons jamais le scénario que je viens de décrire car partout les cris des hommes nous déconnecterons de notre vie cosmétique et cynique. Ils nous rappelleront que, derrière nos portes, notre statut facebook n’a plus de raison d’être. Bienveillant l’homme retrouvera ses instincts d’autrefois et l’amour de son prochain qui, je l’espère, vaincra.
Légende photo : Xavier Faltot, média mutant. MCD hors-série #03, page 96.
→ L’interview complète WJ-SPOT #1, 15 ans d’activisme en ligne · La version papier (PDF) ↗ · Voir sur Facebook ↗






