« Tigre mondain, chroniqueur clubber, cascadeur mystificateur, psycho-hard clipper… » : c’est ainsi que le magazine Modzik présentait Xavier Faltot dans sa rubrique « Plein phare », un entretien et un portrait signés Franck Chevalier, sous le titre HYPE – HOT.
Au fil de l’entretien, il raconte son premier micro-trottoir pour FG à l’inauguration du Printemps de l’Homme en 1998, ses chutes spectaculaires dans les soirées mondaines, les cascadeurs urbains filmés pour Tracks sur Arte, ses reportages sur la sexualité pour Teva, ses chroniques clubbing pour Technikart, et surtout l’aventure des Cônnass’ et de Châtons Production, avec Kulte, la Fal’touch et le clip Sandwiches des Detroit Grand Pubahs.
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Transcription
Modzik · Plein phare · Entretien et portrait par Franck Chevalier
HYPE – HOT
Tigre mondain, chroniqueur clubber, cascadeur mystificateur, psycho-hard clipper… Si vous n’avez jamais croisé Xavier Faltot, figure polymorphe et multimédiatique de la décadence début de millénaire, c’est que vous n’êtes décidemment pas hype !
Premier « et moi » ?
À l’inauguration du Printemps de l’Homme, en 98. Je travaillais pour FG et j’ai fait un microtrottoir dont le thème était : « Est-ce que l’homme devient femme ? » Comme il y avait beaucoup de gays, les réponses disaient forcément que oui. L’artiste Space Invader venait de me faire une empreinte de sa mosaïque sur une veste Datsky. Tout le monde la voyait car il y avait des lumières noires et le logo était orange fluo. Je crois que j’ai commencé à rencontrer les premiers piliers de la branchitude dans cette soirée-là.
Et ce sens de l’acrobatie, de l’exhibition dangereuse dans les soirées mondaines, c’est venu quand ?
Ce sens de la chute ? Je ne le fais pas exprès, mais inconsciemment. J’ai le souvenir d’une fête Templiers dans les studios de la SFP avec une thématique « orgie romaine ». Ils avaient construit un hémicycle en polystyrène sur trois niveaux. J’étais franchement surexcité et j’ai passé ma nuit à tomber du troisième au premier niveau. Il y a aussi le 33 de Grenoble, sortes de cascadeurs urbains que j’ai filmés pour Tracks/Arte. C’est toujours intéressant de créer une rupture, un accident dans le moment, des réactions : les gens se demandent ce qui se passe. Tout à coup ils ont peur, et c’est drôle. Cela rejoint ma culture Charlie Chaplin, Laurel & Hardy, Tex Avery… Depuis, j’ai un peu calmé mon activité de jumper. Ma dernière vraie performance, c’était à la party Diesel : j’ai dû escalader la façade du Louvre car il ne voulait plus laisser entrer personne.
Comment, entre deux sauts périlleux, devient-on psychanaliste informel dans Sexe in the TV, pour la chaîne câblée Teva ? Complémentarité de l’action et de la pensée ?
Sur Teva, j’ai beaucoup appris quant à la sexualité. J’ai donc interviewé et filmé des « psyyykoootraa » (à l’anglaise) pour des sujets courts, formatés. J’ai joué avec eux, essayé de comprendre le fonctionnement de l’être humain. Je crois avoir compris comment la sexualité assumée et enjouée est le fondement du bien-être. C’était le leitmotiv des Cônnass’ : sexuellement décontracté. Châtons Production, c’est décontracté-branché et pédago-ludique.
Où sont-elles passées, les Cônnass’ ???
C’était un mouvement d’intégrisme parisien des années 2000, un groupement de gens très « sitcommisé », avec une graphiste, une styliste, un coiffeur, un réalisateur, un journaliste, un producteur… Tous complémentaires, puisque chacun avait un rôle à jouer pour créer des images et des mots. On a inventé des formules : « high-contact », « quickfuck-quicksuck »… On en parlait partout, il y a eu un buzz autour de ça : des personnes ont voulu bosser avec nous, donc on n’a rien fait… Sauf avec Kulte. Châtons Production, c’est tout l’inverse, on fait mais on en parle moins : « la falltouch : customise-ta-vie et règle-tes-problèmes-du-quotidien » sur wadmag.com, « mon-vie-c’est-de-l’art » avec Michel Vedette sur Parissi.com, un module entre rêve et réalité. Et surtout Sandwiches des Detroit Grand Pubahs, un clip à caractère pornographique par manque de moyen. On avait pas assez d’images : vers la fin, avec mon petit chat, on a dû se mettre à faire l’amour.
Pourquoi choisis-tu de te déplacer à telle ou telle soirée ?
Je préfère celles de la mode, celles de la Fashion Week notamment. Pour le dresscode, je vais aux conférences visionnaires de la papesse de la tendance fashion Li Edelkoort. Je prends deux à trois couleurs qu’elle énonce. Je m’équipe très rapidement dans les bureaux de presse, et je ne porte que ça toute l’année. Pour les autres soirées, j’y vais si j’en entends parler plus de trois fois dans la journée et que je ne suis pas invité, ou si je suis invité parce que je dois en parler. Je regarde aussi le nombre de marques d’alcool inscrites au dos du carton, ce dont il est question, puis j’ouvre ma fenêtre pour voir s’il fait beau dehors. Pour Technikart, je fais des chroniques sur le clubbing, mais pas du sous-Dahan : je ne raconte pas ce que je vois, mais ce que je vis. Je suis spectateur : je constate ce que je provoque. Lorsque je suis down-down, je vais raconter ma life aux gens, leur dire que je vais mourir, que je n’ai pas de travail. J’adore aller dans les mondanités et le faire. C’est là que tu découvres les différentes techniques de l’esquive dans les cocktails. Le classique : ton interlocuteur se détourne vers une tierce personne et lui dit : « Ah ! Comment ça va ? »
Modzik, page 10 et suivante. Illustration : Kulte vs les Cônnass’ (n°1 Eyecontact, n°2 Smile effect, n°3 Kissclash, n°4 Quickfuck), logo Châtons Prod.





